l'
architecture Métallique à Paris et sa RégioN

Grande Galerie de l'Evolution 1877-1889 (réhabilité en 1994)

Paul Chemetov, Borja Huidobro, Jules André

Lieu : 36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire - Paris, V ème arr., Métro : Monge, Censier-Daubenton. Date de livraison : 1889 - 1994 . Architecte : Paul Chemetov, Borja Huidobro, Jules André. Entreprise : Moisant-Laurent-Savey . Programme : Musée.

1-Programme et Parti architectural

Chemetov avait fait la preuve, au travers de plusieurs recherches, de son intérêt pour le rationalisme structurel de Viollet-le-Duc, Auguste Choisy ou Anatole de Baudot. Et c'est avec un certain " plaisir du texte ", qu'il s'est saisi d'un édifice à l'abandon depuis longtemps pour y procéder à un théâtral retournement.

Ainsi les vitrines en bois ont-elles été conservées pour accueillir des présentations nouvelles, exemple de la dilution des frontières entre ancien et nouveau qui caractérise le projet. Rangement méticuleux de squelettes, de corps naturalisés ou conservés dans des bocaux, la grande galerie était essentiellement consacrée à la conservation des spécimens et fondée dans ses découpages sur la classification du règne animal telle que l'avait proposée l'École française de sciences naturelles.

Dans cette formulation initiale, le guide intellectuel que constituait la théorie de l'évolution restait en partie caché et c'est en faisant du récit scientifique l'ossature même d'un spectacle fondamentalement nouveau que le projet a été conçu.

Le récit est présenté en trois actes (" la diversité du vivant ", " l'évolution de la vie " et " l'homme, facteur d'évolution "), qui jalonnent, selon les termes des architectes, une sorte d' errance émerveillée " dans la galerie.

Procédant à une sorte de dissection du bâtiment, les architectes en ont révélé jusqu'aux fondations, mises à nu pour accueillir les expositions temporaires, lui donnant en quelque sorte le statut d'une arène ceinturée de balcons, au milieu de laquelle la grande parade de l'espèce animale se déploie.

Le cadre du récit renouvelé qu'est le bâtiment est travaillé dans toutes ses dimensions puisqu'il est désormais parcouru longitudinalement, et dans la totalité de son développement vertical, de l'évocation des fonds marins par la baleine nageant au rez-de-chaussée à l'espace aérien.

Le paysage de ses travées métalliques révèle la hiérarchie de ses colonnes et de ses planchers et c'est dans un mouvement parallèle à celui du troupeau d'animaux le peuplant que le concept rationaliste d'un bâtiment lisible comme une planche d'anatomie est démontré.

Références :

Le Fer à Paris de Bernard Marrey aux éditions Picard, 1989

Architectures à Paris : 1848-1914 de Paul Chemetov, Dunod, Paris 1984

Paris, architecture, 1900-2000 de Jean Louis Cohen aux éditions Norma, Paris 2000

Le site officiel http://cimnts.mnhn.fr/Evolution

Photographies Alexis Teissier

Procédant à une sorte de dissection du bâtiment, les architectes en ont révélé jusqu'aux fondations, mises à nu pour accueillir les expositions temporaires
On pourrait presque penser que Jules Louis Armand s'est contenté de recouvrir une de ces superbes serres présentes tout au long de la perspective qui nous amène à la galerie, d'un placage de pierre qui rapelle les pavillons faisant face aux serres.
M5 Alexis Teissier

Comme la gare du Nord ou les grands magasins, la Grande Galerie du Muséum cristallise, dans le rapport entre son enveloppe et sa structure, les contradictions de l'architecture du XIXème siècle

Informations Pratiques :

Ouverture :

Ouverture de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu'à 22h
Fermé le mardi et le 1er mai

Pour plus d'informations consultez le site officiel

ou téléphonez au : 01 40 79 30 00


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3-Commentaires

La grande Galerie de l'évolution est une démonstration flagrante de la peur de l'architecture métallique au XIXème siècle. A l'instar de Victor Laloux à la gare d'Orsay, Jules André n'a pas eu le courage d'affirmer la structure métallique en façade (Il suffit d'observer comment Frantz Jourdain pour la Samaritaine avait été reçu à l'époque pour savoir qu'il était particulièrement difficile d'affirmer le métal).

Il est cependant regrettable de ne pas retrouver au bout de cette grande perspective qui conduit à la galerie, une grande et belle Serre, telle qu'on la perçoit à l'intérieur.

 

 

 

 

2-Aspects Techniques

Comme la gare du Nord ou les grands magasins, la Grande Galerie du Muséum cristallise, dans le rapport entre son enveloppe et sa structure, les contradictions de l'architecture du XIXème siècle.

La contradiction entre la façade dessinée par Jules-Louis André en 1880 et ses systèmes constructifs intérieurs a été en définitive exacerbée dans le projet de Paul Chemetov et Borja Huidobro.

On pourrait presque penser que Jules Louis Armand s'est contenté de recouvrir une de ces superbes serres présentes tout au long de la perspective qui nous amène à la galerie, d'un placage de pierre qui rapelle les pavillons faisant face aux serres.

La grande galerie serait alors un mélange des bâtiments qui la précèdent.

La coupe visible ci dessous rend cette observation flagrante : la galerie n'est plus qu'une serre à l'image des autres et fait oublier sa façade "épaisse" en pierre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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